C dans l'air du 21 juin : Privatisations : pourquoi l'Etat vend les bijoux de famille ?

C dans l'air du 21 juin : Privatisations : pourquoi l'Etat vend les bijoux de famille ?

Voilà des semaines que l'annonce était reportée. Cette fois, c’est officiel : l'État s'apprête à lancer les enchères pour la privatisation de plusieurs de ses fleurons. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a présenté lundi son projet de loi Pacte. Un chapitre est consacré aux privatisations qui autoriseront l'État à concéder ses parts au capital d'Aéroports de Paris (ADP) et d'Engie pour une durée de 70 ans. Il détient encore 50,6 % d'ADP et 33 % des droits de vote chez Engie (24,1 % du capital). S'ajoute également à cette grande opération de désengagement, une autre pépite : La Française des Jeux détenue à 72 % par Bercy.

Cette vague de privatisation pourrait rapporter 10 à 15 milliards d'euros en fonction du prix de vente des actions. "La philosophie de ces opérations est d'investir dans l'avenir et de contribuer au désendettement" explique Bercy. Bruno Le maire assure, de son côté, qu'une partie du fruit de ces cessions servira à réduire la dette de l'État, l'autre viendra abonder le fonds pour l'innovation créé par Emmanuel Macron pour financer notamment des recherches sur l'intelligence artificielle ou sur le stockage de l'énergie renouvelable.

La loi Pacte devrait être examinée en commission à l'Assemblée à partir de septembre pour un examen au Parlement. Mais le sujet des privatisations est sensible. D’après un dernier sondage les Français sont assez réticents à voir l'État se désengager du capital de certaines entreprises et dans la classe politique des voix s’élèvent pour critiquer ces décisions, rappelant notamment le précédent de la cession des autoroutes. Les débats s’annoncent donc d’ores et déjà houleux. D’autant que d’après Les Echos un autre train de privatisations pourrait être lancé par l’Etat qui s'est engagé à reprendre 35 milliards de dette de la SNCF entre 2020 et 2022. Selon le journal économique, pour y parvenir, le gouvernement envisagerait de prochaines cessions de participations notamment chez Orange, Air France-KLM, ou encore dans le secteur automobile, avec Peugeot et Renault.

Invités :

Philippe DESSERTINE, économiste, directeur de l’Institut de Haute Finance

Mathieu PLANE, économiste à l'OFCE, directeur adjoint au Département Analyse et Prévision

Sophie FAY , journaliste, chef du service Economie à L’Obs

Jannick ALIMI, rédactrice en chef adjointe au service Politique du Parisien/Aujourd'hui en France

 

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