C dans l'air du 21 mars : Elysée / Sénat : ça chauffe !

C dans l'air du 21 mars : Elysée / Sénat : ça chauffe !

En première ligne dès le début de l’affaire Benalla, le Sénat vient de passer à la vitesse supérieure en saisissant la justice pour faux témoignages de la part des différents protagonistes. Le bureau du Sénat a décidé de transmettre au parquet les cas d’Alexandre Benalla, Vincent Crase, Alexis Kohler, Patrick Strzoda et du général Lavergne, suspectés de ne pas avoir dit toute la vérité lors de leurs auditions devant la commission d’enquête du Sénat. Pour les deux premiers, le bureau du Sénat a voté à l’unanimité la transmission de leur dossier à la justice, le fait que les deux anciens collaborateurs du président aient mentis devant la commission faisant peu de doutes. Pour les trois autres, le bureau du Sénat était moins unanime.  

Et c’est justement le fait de cibler ces trois proches d’Emmanuel Macron, dont le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, qui a été perçu comme une véritable attaque à l’encontre de la présidence et de l’exécutif. Benjamin Griveaux a dénoncé une « instrumentalisation politique ». Le Premier ministre Edouard Philippe a pour sa part boycotté la séance des questions aux gouvernements de ce jeudi 21 mars.

De son côté, le président du Sénat Gérard Larcher a assuré n’être  « en guerre contre personne ».  Le sénateur LR maintient que cette décision n’est que « l'application du droit, rien que le droit, tout le droit ». Il n’en demeure pas moins  que tout au long de l’affaire Benalla, c’est le Sénat qui mené les enquêtes et les auditions des différents protagonistes.  Car avec une assemblée très majoritairement acquise à la cause de l’exécutif, le Sénat est le seul organe parlementaire pouvant encore jouer le rôle d’opposition.

Cette nouvelle étape de l’affaire Benalla continue de mettre en lumière les zones d’ombres qui entourent la sécurité du Président, une constante dans la cinquième République. De Gaulle avait son Service d’action civique (SAC), que certains n’hésitaient pas à qualifier de police parallèle, Mitterrand avait à ses côtés Christian Prouteau, fondateur du GIGN impliqué dans plusieurs affaires lorsqu’il était à l’Elysée (dont celle des écoutes).

Les questions posées par cette affaire Benalla sont donc toujours aussi nombreuses. Doit-on imposer plus de transparence au sommet de l’Etat ? Comment assurer la sécurité du chef de l’Etat dans de bonnes conditions ? Le Sénat est-elle la seule institution aujourd’hui capable de faire vaciller l’Elysée ?

Invités :

-  Jean GARRIGUES, historien, spécialiste de la vie politique

- Nicolas CHAPUIS, journaliste police-Justice au « Monde »

- Jean-Dominique MERCHET, éditorialiste à « L’Opinion », spécialiste des questions de défense et de diplomatie

- Marion MOURGUE, grand reporter au service politique du « Figaro »

 

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